Amas :
Il s’agit de roches sédimentaires présentant une porosité suffisante pour être traversées par des solutions minéralisantes qui y déposent les minéraux secondaires de façon diffuse (et aléatoire !). Ces dépôts peuvent être contemporains de la sédimentation ou au contraire très postérieurs, liés à des évènements géologiques qui favorisent l’arrivée des solutions, tels que la création ou le rejeu de failles. Les teneurs sont souvent hétérogènes et la teneur moyenne relativement faible. Par contre les conditions d’exploitation sont généralement faciles : roches de bonnes caractéristiques mécaniques, forte épaisseur de l’amas (plusieurs mètres), panneaux subhorizontaux entre les failles. Ces conditions permettent l’introduction d’une mécanisation performante, se traduisant par un faible prix de revient de l’extraction et donc d’une teneur limitée d’exploitation assez basse dans la mesure où les frais du traitement d’enrichissement du minerai ne sont pas prohibitifs.
Dans le cas de Boubeker-Touissit la roche hôte est un dépôt calcaire marin d’origine au moins partiellement récifale. Les constructions récifales possèdent par elles-mêmes une certaine porosité, et de plus il y a eu dolomitisation, c’est-à-dire substitution de magnésium à une partie du calcium des carbonates, ce qui augmente la porosité. Les géologues s’affrontent sur l’âge et l’origine des solutions minéralisantes, toujours est-il qu’il y a eu imprégnation des dolomies par de la galène et de la blende, d’ailleurs suivant une certaine zonalité (zinc dominant à l’est et plomb dominant à l’ouest). La galène est argentifère comme c’est souvent le cas. Il y a eu ensuite des phénomènes secondaires comme l’oxydation des blendes en « calamines » dans certains secteurs (quartier 5 à Boubeker) et des enrichissements par lessivage des carbonates par les circulations d’eaux souterraines, entraînant la concentration sédimentaire de la galène peu soluble dans ces conditions physicochimiques (Beddiane).
Au point de vue exploitation, les amas s’accommodent mal d’un soutènement artificiel du fait des grandes hauteurs de chantiers, il est plus économique d’abandonner une partie du minerai sous forme de « piliers ». Il est tentant de vouloir récupérer tout ou partie de ces piliers en fin d’exploitation d’un chantier. Cela n’est pas toujours possible pour des contraintes environnementales de surface. Sinon, il faut des règles de sécurité très rigoureuses pour que les éboulements consécutifs à la reprise des piliers soient parfaitement contrôlés. Malgré tout, il reste toujours une partie du minerai au fond, on s’estime heureux si on a pu en récupérer 80%. C’est parfois beaucoup moins en cas d’effondrement prématuré.
A Boubeker, un agent de maîtrise, M. Planes, se consacrait exclusivement à la sécurité. Dans ses attributions, il y avait le contrôle de la stabilité des chantiers : l’écoute des microséismes et leur dénombrement dans un chantier renseignait sur la menace d’effondrement. Lorsque le nombre de ces craquements à la minute augmentait au dessus d’un certain seuil, il était temps de retirer le matériel et d’interdire l’accès au chantier, l’éboulement se produisait généralement dans les 48H.
Les shuttle cars importés des USA améliorent et accélérant l »exploitation