Bamimaor

Bienvenue à Zellidja Boubeker : Plomb  Zinc  Cuivre 
                                                                                                              COUCHES, FILONS & AMAS
Il existe de très nombreux types de gisements minéraux, certains sont « primaires », d’autres remaniés, éventuellement à plusieurs reprises, ce qui fait que chaque gisement présente des caractéristiques originales et qu’il y a même une certaine variabilité des faciès à l’intérieur d’un même gisement.
Sans entrer dans une description exhaustive, je vais me limiter à trois exemples simples pour qualifier le district minier de l’Oriental. Les géologues me pardonneront une présentation un peu simpliste !
Couches sédimentaires :
Les plus typiques sont les gisements de charbon dont tout le monde a entendu parler : Un cataclysme abat de très grandes quantités de végétaux dans une lagune ou un marécage et il se produit une réduction de la cellulose en charbon sous l’action de fermentation en l’absence d’air sous une couverture de vase et de sables… C’est le cas de Djérada qui a subi ensuite les violents mouvements tectoniques de la formation de l’Atlas. Autre exemple au Maroc les gisements de phosphates, véritables « cimetières marins ».
                                                                                                                               Filons :
Il s’agit là de remplissage de cassures (failles) qui s’ouvrent en laissant ainsi un passage aux eaux hydrothermales qui se sont chargées ailleurs de minéraux solubles auxquels un changement de température, pression et pH fait dépasser leur seuil de saturation ce qui provoque leur dépôt sur les parois. Ces dépôts sont généralement constitués de silice, calcite et minéraux métalliques, métaux natifs (or, argent) sulfures (galène, blende, pyrites) et minéraux plus complexes. Un exemple exploité par la Cie Royale Asturienne des Mines est la Mine de Jebel Aouam dans le Maroc central. L’épopée Zellidja a débuté au bled du même nom, situé près de la bifurcation Touissit / Oued el Heimer de la route d’Oujda, sur un petit gîte filonien ayant fait l’objet de travaux très anciens (la légende dit « romains », c’est peu probable !). Ces filons du bled Zellidja étaient pratiquement épuisés. Certains gîtes filoniens peuvent être très riches. Leur exploitation est d’ailleurs onéreuse et les teneurs limite d’exploitation relativement élevées.

                                                                                                                                   Amas :

Il s’agit de roches sédimentaires présentant une
porosité suffisante pour être traversées par des solutions minéralisantes qui y déposent
les minéraux secondaires de façon diffuse (et aléatoire !). Ces dépôts peuvent être
contemporains de la sédimentation ou au contraire très postérieurs, liés à des
évènements géologiques qui favorisent l’arrivée des solutions, tels que la création ou le
rejeu de failles. Les teneurs sont souvent hétérogènes et la teneur moyenne relativement
faible. Par contre les conditions d’exploitation sont généralement faciles : roches de
bonnes caractéristiques mécaniques, forte épaisseur de l’amas (plusieurs mètres),
panneaux subhorizontaux entre les failles. Ces conditions permettent l’introduction
d’une mécanisation performante, se traduisant par un faible prix de revient de
l’extraction et donc d’une teneur limitée d’exploitation assez basse dans la mesure où les
frais du traitement d’enrichissement du minerai ne sont pas prohibitifs.

Dans le cas de Boubeker-Touissit la roche hôte est
un dépôt calcaire marin d’origine au moins partiellement récifale. Les constructions
récifales possèdent par elles-mêmes une certaine porosité, et de plus il y a eu
dolomitisation, c’est-à-dire substitution de magnésium à une partie du calcium des
carbonates, ce qui augmente la porosité. Les géologues s’affrontent sur l’âge et l’origine
des solutions minéralisantes, toujours est-il qu’il y a eu imprégnation des dolomies par
de la galène et de la blende, d’ailleurs suivant une certaine zonalité (zinc dominant à
l’est et plomb dominant à l’ouest). La galène est argentifère comme c’est souvent le cas.
Il y a eu ensuite des phénomènes secondaires comme l’oxydation des blendes en
« calamines » dans certains secteurs (quartier 5 à Boubeker) et des enrichissements par
lessivage des carbonates par les circulations d’eaux souterraines, entraînant la
concentration sédimentaire de la galène peu soluble dans ces conditions
physicochimiques (Beddiane).

Au point de vue exploitation, les amas
s’accommodent mal d’un soutènement artificiel du fait des grandes hauteurs de
chantiers, il est plus économique d’abandonner une partie du minerai sous forme de
« piliers ». Il est tentant de vouloir récupérer tout ou partie de ces piliers en fin
d’exploitation d’un chantier. Cela n’est pas toujours possible pour des contraintes
environnementales de surface. Sinon, il faut des règles de sécurité très rigoureuses pour
que les éboulements consécutifs à la reprise des piliers soient parfaitement contrôlés.
Malgré tout, il reste toujours une partie du minerai au fond, on s’estime heureux si on a
pu en récupérer 80%. C’est parfois beaucoup moins en cas d’effondrement prématuré.

A Boubeker, un agent de maîtrise, M. Planes, se
consacrait exclusivement à la sécurité. Dans ses attributions, il y avait le contrôle de la
stabilité des chantiers : l’écoute des microséismes et leur dénombrement dans un
chantier renseignait sur la menace d’effondrement. Lorsque le nombre de ces
craquements à la minute augmentait au dessus d’un certain seuil, il était temps de retirer
le matériel et d’interdire l’accès au chantier, l’éboulement se produisait généralement
dans les 48H.

le début de la mécanisation

Les shuttle cars importés des USA améliorent et accélérant l »exploitation