Né en Espagne le 18 janvier 1916 à Casa De Miravete (Province de Cacéres. Extrémadoure). Décédé en France le 11 décembre 1991 à Huningue (Haut-Rhin Alsace) Il fit ses études de médecine à l’Université de Madrid en 1933 et participa à la guerre civile espagnole sur le front de Madrid en tant que médecin capitaine. A la fin de la guerre, il fût contraint de s’exiler en Afrique du Nord et après avoir fait partie de la 11 ème Compagnie de Travail du Camp de concentration de Colomb Béchar (Algérie), il s’établit au Maroc en 1940 en tant que médecin de la mine de Bouârfa. Il quitta la mine en 1958 pour occuper le poste de Médecin chef de la Prévention rurale à l’Hôpital Maurice Loustau d’Oujda. Il prit sa retraite en 1972 et se retira auprès sa fille en Alsace où il décéda quelques années après, le 11 décembre 1991.
Après avoir fait la visite de Zelidja, Robert JANIN m’a fait visiter la mine de Touissit.
Une visite dont je garde un très mauvais souvenir : une horreur.
L’accès se faisait par une descenderie, impressionnante dont je ne voyais pas la fin, je n’en avais pas vue une d’aussi raide au cours de tous mes nombreux stages dans les mines.
De l’eau ruisselait sur les premières marches qui étaient couvertes de mousse verte, dès que j’aie eu posé mon pied sur la première marche, j’ai senti qu’elle était glissante.
J’ai regardé le dessous de mes bottes, elles étaient usées à la corde, pas du tout rassuré, c’est avec précaution que j’aie descendu toutes les marches.
Au pied des marches, il y avait une butte avec une station de pompage destinée à évacuer l’eau qui dégoulinait, elle était gérée par deux ouvriers.
Vous ne pouvez pas imaginer dans quel état j’étais en pensant qu’à quelques jours près j’aurais pu m’y trouver, mais surtout à tout le personnel qui travaillait au fond (il me semble me souvenir qu’ils étaient un peu moins de 200) et que même s’il y avait des survivants on ne pourrait pas les secourir.
Par miracle, il n’y a eu que deux morts : les deux pauvres ouvriers qui travaillaient à la station de pompage au bas de la descenderie. Cette catastrophe s’était produite un Dimanche.
Etant en période d’essai, je n’ai pas été mis au courant de l’enquête, mais trois mois après, dès la découverte des corps, étant assermenté, j’ai été immédiatement envoyé faire le constat.
Equipé de bottes neuves, avec des jambes bien musclées, j’ai retrouvé la descenderie sans eau sur les marches qui étaient bien propres, aussi je suis descendu sans crainte. Arrivé devant la station de pompage, les corps avaient été enlevés mais l’odeur pestilentielle était intenable, je ne me suis pas attardé et je suis remonté rapidement pour respirer l’air frais à l’extérieur. Il m’a fallu trois semaines pour me débarrasser de cette odeur de charogne.
Le lendemain matin, je me suis réveillé avec les mollets très douloureux, j’ai compris qu’il fallait que je muscle mes jambes, mes bras et mes abdos, j’ai donc reculé mon réveil de trois quarts d’heure pour faire de la gym avant d’aller au bureau.
J’ignore si cette eau qui ruisselait sur les marches aurait dù alerter sur la catastrophe qui allait arriver quelques jours après cette visite.
En effet, une dizaine de jours après notre visite de la mine de Touissit, j’ai été horrifié en apprenant que le barrage de retenue du bassin de décantation des eaux de la Laverie avait cédé.
Les eaux s’étaient engouffrées par la descenderie et la mine était complètement noyée. La descenderie était remplie d’énormes rochers entre mêlés avec des ferrailles, rendant l’accès au fond impossible pendant plusieurs mois puisqu’il fallait attaquer les rochers au marteau piqueur.