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Bienvenue à Zellidja Boubeker : Plomb  Zinc  Cuivre 
le plomb

Le minerai de plomb est une roche contenant une concentration suffisamment élevée de minéraux de plomb pour être exploitée économiquement. Le principal minerai de plomb est la galène (sulfure de plomb, PbS), qui est souvent associée à d’autres minéraux tels que la sphalérite (sulfure de zinc), la pyrite (sulfure de fer) et la chalcopyrite (sulfure de cuivre et de fer).

Description du minerai de plomb (galène) :

  • Composition chimique : Sulfure de plomb (PbS)
  • Couleur : Gris plombé, souvent avec un éclat métallique brillant.
  • Système cristallin : Cubique, formant des cristaux cubiques, octaédriques ou des agrégats massifs.
  • Clivage : Parfait selon les faces du cube, ce qui signifie qu’il se casse facilement en formant des surfaces lisses et rectangulaires.
  • Dureté : Très tendre, environ 2,5 sur l’échelle de Mohs (peut être rayé facilement avec un ongle ou une pièce de cuivre).
  • Densité : Très élevée, environ 7,5 g/cm³.
  • Autres caractéristiques : Laisse une trace grise sur le papier. Peut contenir des impuretés d’argent (galène argentifère).

 

UTILISATION DU PLOMB EXTRAIT DU MINERAI
ZELLIDJA

Le plomb, une fois extrait et raffiné du minerai, possède de nombreuses applications grâce à ses propriétés uniques :

  • Batteries au plomb-acide : C’est l’utilisation principale du plomb aujourd’hui, représentant une part importante de la consommation mondiale.
  • Plaques de blindage et protection contre les radiations : Sa haute densité le rend efficace pour bloquer les rayons X et gamma.
  • Soudures : Utilisé en alliage avec l’étain pour souder des composants électroniques et des tuyaux.
  • Alliages : Entre dans la composition de divers alliages pour améliorer leur dureté, résistance à la corrosion ou fusibilité (par exemple, le laiton, le bronze).
  • Munitions : Utilisé pour la fabrication de balles et de grenaille.
  • Poids et contrepoids : Sa haute densité le rend utile pour les poids d’équilibrage, les lests de plongée, etc.
  • Matériaux de construction (historiquement) : Autrefois utilisé pour les tuyaux, les toitures et les gouttières en raison de sa malléabilité et de sa résistance à la corrosion (dans des conditions non acides). Cependant, cette utilisation a considérablement diminué en raison de la toxicité du plomb.
  • Stabilisant dans certains plastiques (PVC) : Bien que son utilisation soit de plus en plus réglementée.
  • Pigments (historiquement) : Utilisé dans certaines peintures (par exemple, le blanc de plomb), mais son usage est aujourd’hui très limité en raison de sa toxicité.

Il est important de noter que le plomb est un métal toxique et que son utilisation est de plus en plus réglementée pour protéger la santé humaine et l’environnement. Le recyclage du plomb est donc une activité importante pour gérer les ressources et minimiser les risques.

CHARBON

Le minerai de cuivre est une roche contenant une concentration suffisamment élevée de composés de cuivre pour être économiquement viable à extraire. Le cuivre ne se trouve que rarement à l’état natif (sous forme métallique pure). La grande majorité du cuivre est extraite de divers minéraux.

Caractéristiques générales des minerais de cuivre:

  • Composition: Les minerais de cuivre sont principalement composés de sulfures, d’oxydes, de carbonates ou de silicates de cuivre, mélangés à d’autres minéraux appelés gangue (roche stérile).
  • Couleur: La couleur des minerais de cuivre est très variable en fonction de leur composition minéralogique. On peut trouver des couleurs allant du vert (malachite, chrysocolle, azurite), au bleu (azurite), au rouge (cuprite), au jaune-doré (chalcopyrite), au gris foncé à noir (chalcocite, bornite, covellite). Certains minerais peuvent présenter des irisations (bornite, surnommée « minerai de paon »).
  • Texture: La texture peut varier de massive à finement cristalline, en passant par des formes terreuses ou fibreuses.
  • Association: Les minerais de cuivre sont souvent associés à d’autres minéraux métalliques comme le fer, le zinc, le plomb, l’or et l’argent. La présence de ces éléments peut influencer le processus d’extraction et avoir une valeur économique supplémentaire.
  • Localisation: Les gisements de minerai de cuivre se forment dans divers environnements géologiques, notamment associés à l’activité magmatique (gisements porphyriques, amas sulfurés volcanogènes), aux processus sédimentaires et à l’altération des roches existantes (gisements de type « red bed », gisements de cuivre natif).

Minéraux de cuivre les plus courants:

  • Chalcopyrite (CuFeS₂): Le minerai de cuivre le plus abondant et le plus important au niveau mondial. Il a une couleur jaune laiton et contient environ 34% de cuivre en poids.
  • Bornite (Cu₅FeS₄): Également un minerai important, souvent associé à la chalcopyrite. Sa couleur varie du brun cuivré au violet iridescent (« minerai de paon ») et contient jusqu’à 63% de cuivre.
  • Chalcocite (Cu₂S): Un sulfure de cuivre noir à gris foncé, contenant environ 80% de cuivre.
  • Malachite (Cu₂CO₃(OH)₂): Un carbonate de cuivre vert vif, souvent trouvé comme produit d’altération d’autres minerais de cuivre. Il contient environ 57% de cuivre.
  • Azurite (Cu₃(CO₃)₂(OH)₂): Un carbonate de cuivre bleu intense, également un produit d’altération. Il contient environ 55% de cuivre.
  • Cuprite (Cu₂O): Un oxyde de cuivre rouge à brun rougeâtre, contenant près de 89% de cuivre.
  • Covellite (CuS): Un sulfure de cuivre bleu indigo à noir, contenant environ 66% de cuivre.
  • Chrysocolle (Cu₂H₂Si₂O₅(OH)₄·nH₂O): Un silicate de cuivre hydraté de couleur bleu-vert à bleu ciel. Sa teneur en cuivre est variable (environ 38%).

 

UTILISATION DU CUIVRE
ZELLIDJA BOUBEKER

Le minerai de cuivre brut n’est pas utilisé directement. Il doit subir plusieurs étapes de traitement pour extraire et purifier le cuivre métallique. Voici les principales étapes et utilisations du cuivre extrait :

Extraction et traitement du minerai:

  1. Extraction minière: Le minerai est extrait des mines à ciel ouvert ou souterraines.
  2. Concentration: Le minerai broyé est traité par diverses méthodes (flottation, lixiviation) pour séparer les minéraux de cuivre de la gangue et obtenir un concentré de cuivre plus riche.
  3. Fusion: Le concentré est chauffé à haute température dans des fours de fusion pour produire une matte de cuivre (un mélange de sulfures de cuivre et de fer).
  4. Conversion: La matte est ensuite traitée dans un convertisseur pour éliminer le fer et le soufre, produisant du cuivre blister (environ 98-99% de cuivre).
  5. Affinage: Le cuivre blister est finalement affiné par électrolyse pour obtenir du cuivre de haute pureté (99,99%), adapté à la plupart des applications.

Utilisations du cuivre métallique:

Grâce à ses excellentes propriétés de conductivité électrique et thermique, sa ductilité, sa malléabilité, sa résistance à la corrosion et sa recyclabilité, le cuivre est un métal essentiel avec de nombreuses applications :

  • Électricité et électronique (principal utilisateur):
    • Câblage électrique (transmission et distribution d’énergie).
    • Bobinages de moteurs, transformateurs et générateurs.
    • Circuits imprimés et composants électroniques.
    • Télécommunications (lignes téléphoniques, câbles de communication).
  • Construction et architecture:
    • Tuyauterie pour l’eau et le gaz (résistance à la corrosion et propriétés antibactériennes).
    • Toitures et revêtements (durabilité et esthétique).
    • Quincaillerie (poignées de porte en laiton, alliage de cuivre, pour ses propriétés antibactériennes).
    • Systèmes de chauffage et de refroidissement.
  • Transport:
    • Câblage et composants électriques dans les automobiles, les trains et les avions.
    • Radiateurs et échangeurs de chaleur.
    • Alliages pour certaines pièces mécaniques.
  • Énergies renouvelables:
    • Composants des panneaux solaires et des éoliennes (conductivité électrique).
    • Réseaux de distribution d’énergie renouvelable.
  • Biens de consommation:
    • Ustensiles de cuisine (batteries de cuisine en cuivre pour une distribution uniforme de la chaleur).
    • Appareils électroménagers.
    • Pièces de monnaie (alliages de cuivre).
    • Objets décoratifs et artistiques (statues, bijoux).
  • Agriculture:
    • Composés de cuivre utilisés comme fongicides et algicides.
    • Oligo-élément essentiel pour la croissance des plantes (en faibles quantités).
  • Santé et médecine:
    • Propriétés antibactériennes du cuivre utilisées dans les surfaces de contact dans les hôpitaux pour réduire la propagation des infections.
    • Oligo-élément essentiel pour le corps humain (impliqué dans de nombreuses réactions enzymatiques).

En conclusion, le minerai de cuivre est une ressource naturelle essentielle qui, après un processus d’extraction et de traitement complexe, fournit un métal aux propriétés uniques et indispensables à de nombreux secteurs de notre économie et de notre vie quotidienne.

Le minerai de zinc est une roche ou un minéral naturel contenant une concentration suffisamment élevée de zinc pour être économiquement viable à extraire. Le zinc se trouve rarement à l’état natif et est principalement extrait de divers minéraux, souvent en association avec d’autres métaux comme le plomb, l’argent et parfois le cuivre.

Caractéristiques générales des minerais de zinc:

  • Composition: Les minerais de zinc sont principalement des sulfures, des oxydes, des carbonates ou des silicates de zinc, mélangés à d’autres minéraux appelés gangue (roche stérile).
  • Couleur: La couleur des minerais de zinc varie en fonction de leur composition. La sphalérite (blende), le minerai de zinc le plus important, est généralement de couleur brune à noire, mais peut aussi être jaune, rouge ou verte selon ses impuretés (notamment le fer). D’autres minerais peuvent être blancs, gris, ou avoir des couleurs vives comme le vert ou le bleu pour les carbonates et silicates hydratés.
  • Texture: La texture peut être massive, grenue, fibreuse ou cristalline.
  • Association: Les minerais de zinc sont fréquemment trouvés en association avec des minerais de plomb (galène), d’argent et parfois de cuivre. Cette association influence souvent les méthodes d’extraction et de traitement.
  • Localisation: Les gisements de zinc se forment dans divers contextes géologiques, notamment dans les roches sédimentaires (dépôts de type Mississippi Valley, dépôts sédimentaires exhalatifs – SEDEX), associés à l’activité volcanique (amas sulfurés volcanogènes – VMS), et dans les zones d’altération des gisements primaires.

Minéraux de zinc les plus courants:

  • Sphalérite (ZnS) ou Blende: Le minerai de zinc le plus abondant et la principale source de zinc dans le monde. Sa teneur en zinc pur est d’environ 67%. Des variétés riches en fer sont appelées marmatite.
  • Smithsonite (ZnCO₃): Un carbonate de zinc secondaire, souvent formé par l’altération de la sphalérite. Sa couleur est variable (blanc, gris, vert, rose) et sa teneur en zinc est d’environ 52%.
  • Hémimorphite (Zn₄Si₂O<0xE2><0x82><0x87>(OH)₂·H₂O) ou Calamine: Un silicate de zinc hydraté, souvent trouvé sous forme de cristaux ou d’agrégats fibreux. Sa couleur est généralement blanche ou légèrement colorée et sa teneur en zinc est d’environ 54%. Le terme « calamine » englobe parfois aussi la smithsonite.
  • Zincite (ZnO): Un oxyde de zinc rouge à orange, moins courant comme minerai principal mais parfois présent dans certains gisements. Sa teneur en zinc est élevée (environ 80%).
  • Wurtzite (ZnS): Un polymorphe de la sphalérite avec une structure cristalline différente, moins courant.
  • Franklinite (ZnFe₂O₄): Un oxyde de zinc, de fer et de manganèse, plus rare et généralement exploité pour sa teneur en fer et en manganèse en plus du zinc.
  • Hydrozincite (Zn₅(CO₃)₂(OH)₆): Un carbonate de zinc hydraté secondaire, souvent trouvé sous forme d’encroûtements blancs ou gris.

 

UTILISATION DU ZINC
ZELLIDJA BOUBEKER

Le minerai de zinc brut n’est pas utilisé directement. Il doit subir un processus d’extraction et de traitement pour obtenir du zinc métallique et d’autres composés de zinc. Voici les principales étapes et utilisations :

Extraction et traitement du minerai:

  1. Extraction minière: Le minerai est extrait des mines souterraines ou à ciel ouvert.
  2. Concentration: Le minerai broyé est généralement traité par flottation pour séparer les minéraux de zinc des autres minéraux (gangue). On obtient ainsi un concentré de zinc, principalement composé de sulfure de zinc (ZnS).
  3. Grillage (pour les sulfures): Le concentré de sulfure de zinc est chauffé à l’air pour le convertir en oxyde de zinc (ZnO).
  4. Réduction: L’oxyde de zinc est ensuite réduit en zinc métallique par chauffage en présence de carbone (coke) dans un haut-fourneau (procédé pyrométallurgique) ou par électrolyse d’une solution de sulfate de zinc (procédé hydrométallurgique).
  5. Affinage: Le zinc brut obtenu peut être affiné pour atteindre une pureté plus élevée, souvent par distillation fractionnée.

Utilisations du zinc et de ses composés:

Le zinc métallique et ses composés ont de nombreuses applications grâce à ses propriétés de résistance à la corrosion, sa malléabilité, sa ductilité et son rôle biologique essentiel :

  • Galvanisation de l’acier (environ 50% de la consommation): Le zinc est utilisé pour protéger l’acier de la corrosion en formant une couche protectrice, soit par immersion à chaud, soit par électrozingage.
  • Alliages:
    • Laiton (cuivre + zinc): Utilisé pour la robinetterie, les instruments de musique, les éléments de décoration, etc.
    • Maillechort (cuivre + zinc + nickel): Utilisé pour la coutellerie, les instruments de musique, les pièces de monnaie.
    • Autres alliages comme le zamak (zinc, aluminium, magnésium, cuivre) pour les pièces moulées sous pression.
  • Batteries et piles: Le zinc est un matériau d’électrode dans les piles sèches (piles au zinc-carbone et alcalines) et certaines batteries rechargeables.
  • Oxyde de zinc (ZnO):
    • Pigment blanc dans les peintures, les caoutchoucs, les plastiques et les cosmétiques.
    • Ingrédient dans les crèmes solaires (protection UV).
    • Semi-conducteur dans l’électronique.
    • Additif dans l’alimentation animale et les engrais (oligo-élément).
  • Sulfure de zinc (ZnS):
    • Matériau luminescent dans les écrans de télévision et les peintures phosphorescentes.
    • Optique infrarouge.
  • Sulfate de zinc (ZnSO₄):
    • Engrais (source de zinc pour les plantes).
    • Complément alimentaire pour le bétail et les humains (traitement des carences).
    • Mordant dans la teinture textile.
  • Chlorure de zinc (ZnCl₂):
    • Flux de brasage et de soudage.
    • Agent de préservation du bois.
    • Production de certains produits chimiques.
  • Zinc métallique laminé: Utilisé dans la construction pour les toitures, les gouttières et les bardages en raison de sa résistance à la corrosion et de sa durabilité.
  • Oligo-élément essentiel: Le zinc est crucial pour de nombreuses fonctions biologiques chez les humains, les animaux et les plantes. Il est impliqué dans le système immunitaire, la croissance cellulaire, la cicatrisation, le métabolisme des protéines et de l’ADN, le goût et l’odorat. Il est apporté par l’alimentation et parfois par des suppléments.

En résumé, le minerai de zinc est une ressource naturelle importante qui, après transformation, donne un métal et des composés aux applications variées et essentielles dans de nombreux domaines de notre vie quotidienne et de l’industrie.

Zellidja Boubeker

Ma vérité sur la grève de 1963

 Au déclenchement de la grève, j’étais ingénieur d’études à la direction générale de zellidja, 

et de ce fait un peu à l’écart des services opérationnels : 

mon témoignage n’est peut-être que partiel !

Ce témoignage comportera donc des éléments d’interprétation personnelle des événements, mais aussi quelques éléments objectifs indiscutables.

Je crois utile d’indiquer dans quel contexte ce mouvement de grève a éclaté :

    • – Revenant quelques années en arrière, il me faut évoquer le décès de Jean Walter en 1957, et son remplacement en tant que président de Zellidja par son beau-frère Jean Lacaze.

Je n’ai pas connu personnellement le premier ayant été recruté en 1960.

 Je croirais volontiers que Jean Walter, homme du XIXe siècle, adolescent à l’époque de ”l’épopée coloniale” française, était sincèrement un patron “social” de tendance très “paternaliste”.

 Le statut du personnel de zellidja peut en témoigner.

 Son beau-frère, très introduit dans les milieux industriels et financiers anglo-saxons en tant que patron de la filiale Shell-Algérie, me semble avoir substitué à l’esprit paternaliste du fondateur une optique purement financière.

    •  La guerre d’indépendance de l’Algérie venait de se terminer avec succès pour le FLN, et la population de Boubeker, qui comptait une minorité importante d’Algériens et avait été mêlée à ce conflit, avait certainement le sentiment que “la lutte paie !”
    •  Il y avait deux syndicats ouvriers actifs à Boubeker qui généralement ne s’entendaient guère pour mener des actions communes.

 En 1963 l’UGTM et l’UMT on fait Front commun pour déclencher une “grève générale”

    • La grève a éclaté en réaction à un licenciement collectif :

 depuis quelques années la production de zellidja diminuait tandis que celle de la filiale algérienne (100 % Zellidja) qui s’appelait Aïn Arko augmentait.

D’ailleurs, quand je suis arrivé en 1960, les collègues les plus anciens m’ont déclaré que je ne ferai pas une longue carrière car le gisement s’épuisait ! corrélativement, il y avait donc du personnel en excédent et, sans doute dans l’esprit paternaliste il n’y avait pas eu de licenciements mais la création d’une brigade de “PEX” personnel excédentaire qui comptait, je crois de 10 à 20 ouvriers employés à de menus travaux non essentiels. le nombre exact serait à rechercher dans les archives de l’époque.

   En 1962, pour la première fois depuis la création du “Grand Zellidja”, la société a subi des pertes financières dont j’ignore l’ampleur. Pour quelles raisons ?  Je l’ignore également … il y avait eu chute du cours des métaux de plomb et du zinc ?

Y avait-il eu une baisse des teneurs du minerai entraînant une baisse du volume de concentrés produits ?  Ou d’autres raisons encore, et je l’ignore, mais probablement plusieurs facteurs défavorables à la fois. 

Ces raisons pourraient être retrouvées dans les rapports du Conseil d’Administration, les déclarations fiscales, des déclarations douanières, les statistiques des bourses des métaux etc. un gros travail de recherche en perspective !

Toujours est-il que la présidence a demandé à la direction de la mine de sabrer dans toutes les dépenses superflues parmi les décisions prises il y a eu celle de licencier les “PEX”. qu’aurait fait Jean Walter en la circonstance ? nul ne peut l’affirmer, mais je pense croire que l’esprit paternaliste aurait tempéré l’optique financière et que, s’il y avait eu le même licenciement, les conditions en auraient  été plus acceptables que la stricte application du Code du travail.

    •  Voilà donc l’ensemble du Personnel local (marocains et algériens) de zellidja en grève, donc arrêt de la production minière et des laveries. Par contre l’activité des sociétés algériennes  (Algérienne du Zinc et Ain Arko) se poursuivait et la direction a tenté de mobiliser le personnel expatrié pour faire fonctionner la laverie n°1 afin de traiter le minerai algérien. Cel a provoqué une réaction assez violente des grévistes tel que Monsieur le Caïd de Touissit envoie ses Mokhaznis patrouiller dans les zones industrielles et les villages de Boubeker pour éviter les affrontements et je pense qu’il n’y a eu ni dégat matériel ni atteinte au personnes, mais que la Laverie n°1 a été assez rapidement arrêtée et le minerai algérien stocké en attendant la reprise normale du travail.
    • et cette grève a duré 3 mois ! nombreux sont sans doute des “Enfants de Zellidja” qui en conservent  le souvenir avec celui des privations entraînées par l’absence de salaire pendant une aussi longue période.
    •  on peut se demander ce qui a provoqué une telle longueur du conflit : je l’ignore et ne peux faire que des hypothèses.
    •  y a-t-il eu un refus de négociation de la part de la direction ?  Surenchères syndicales ?
    •  Pour cela aussi il y aurait tout un travail de recherche dans les archives de la Direction Générale de la société, à Casablanca et à Paris, d’une d’une part et dans les archives de deux syndicats, d’autre part, car les responsables syndicaux de Zellidja devaient certainement rédiger des comptes-rendus pour leurs organisations respectives.

Ce qui m’a été rapporté et que je tiens comme réel,  c’est que la fin de la grève a été obtenue par Monsieur Karim Lamrani,  patron de l’Office chérifien des phosphates et en tant que tel, VIce-Président de zellidja.

  Avant d’évoquer le protocole d’accord qui mettait fin à la grève, il me faut rapporter comme j’ai été mêlé à la fin du conflit :

J’ai dit que, pendant la grève, j’étais “ingénieur d’études à la Direction Générale de Boubeker”

J’ai évoqué également la rumeur persistante chez les expatriés dès 1960 sur l’épuisement du gisement.

 Quand la grève s’est révélée durable, il m’a été demandé d’établir un projet d’exploitation réduisant la production minière de Zellidja d’un tiers en tonnage.

 Pourquoi un tiers ? En Laverie 2, il y avait trois lignes de flottation du minerai indépendantes et le but de l’étude était d’en  consacrer deux au lieu de 3 au traitement du minerai de Zellidja.

La compensation  se faisant en augmentant la production de minerai algérien.

 Les avantages à en tirer du strict point de vue de l’exploitation minière de Zellidja était une meilleure sélectivité du fait de ne pas chercher à réaliser du tonnage à tout prix, et d’allonger la durée de vie de la mine en diminuant le tonnage journalier.

  J’avais donc fait cette étude qui évaluait  les effectifs nécessaires pour réaliser cet objectif qui totalisait environ 600 agents alors que le personnel de Zellidja en totalisait un millier.

Il y avait donc là un licenciement collectif d’une autre ampleur à mettre en œuvre et le Service des mines de Rabat devait bien évidemment donner le feu vert pour une telle opération.

Une mission composée du directeur des Mines monsieur Yahia chefchaouni (récemment décédé en 2009) et de son conseiller et (prédécesseur) Monsieur Vergerio est venue à Boubeker pour mener son enquête et j’en ai été le principal interlocuteur du côté de la Direction de la société.

Je ne connaissais pas précédemment monsieur chefchaouni qui sortait d’école et venait d’être nommé à ce poste à ce poste qui s’est révélé un enquêteur particulièrement pointu posant des questions toujours très intelligentes parfois embarrassantes auxquelles j’ai répondu de mon mieux.

 Après ces quelques jours de tête à tête, nous avons conservé des relations très cordiales lors de nos rencontres professionnelles jusqu’à sa disgrâce !  Quel dommage qu’une telle intelligence se soit fourvoyée !

   Revenant maintenant sur l’issue de la grève et le protocole d’accord obtenu par la médiation de Monsieur Karim Lamrani, peut-on en évaluer objectivement les conséquences?

Je ne me souviens plus de ce qui a été obtenu du point de vue de la rémunération des grévistes, c’est un point important à rechercher.

La société a obtenu l’autorisation d’appliquer son plan de réduction d’activité et de licencier un tiers de son personnel !

Le protocole a fixé l’indemnité de licenciement à un mois de salaire par année d’ancienneté ce qui, pour beaucoup, dépassait une année de salaire, petit capital permettant de créer une activité artisanale ou commerciale.

La fixation de cette indemnité a été une référence par la suite non seulement pour Zellidja, mais aussi pour les autres sociétés minières et a donc une conséquence sur le droit du travail au Maroc.

J’ajouterai qu’il me semble que zellidja renouait avec les bénéfices dès cette même année 1963 et a pu conserver l’activité rentable jusqu’en 1969.

 Lorsque l’exploitation s’est arrêtée, une petite partie du personnel a été mutée sur la nouvelle exploitation de Zaïda près de Midelt, et le reste du personnel a été licencié en appliquant le protocole 63 et en bénéficiant, pour tous ceux qui le désiraient et en étaient physiquement aptes, d’un reclassement dans les mines de l’Europe de l’Ouest (Allemagne, Belgique, France et Hollande)

   En conclusion, par sa durée, par la notoriété et le poids économique de la société dans l’économie du Maroc, par le nombre de grévistes de population privée si longtemps de ressources, par l’action conjuguée de deux syndicats habituellement moins coopératifs entre eux, par sa conclusion, la grève de Zellidja de 1963 a été un phénomène de première grandeur dans l’histoire sociale du Maroc qui mérite d’être étudiée en détail et de faire l’objet d’une THÈSE de droit du travail ou de sociologie économique en recherchant les témoignages des rares acteurs encore vivants et des jeunes témoins qui en ont subi les conséquences dans leur enfance et en exploitant les archives de la Société, du Ministère chargé des mines, des Organisations syndicales, des Ministères des Finances et de l’Intérieur etc.