Mémoire d’une cité minière légendaire
Au coeur de l’Est marocain, une aventure humaine,
industrielle et multiculturelle hors du commun.
Des milliers de vies. Une cité. Une mémoire
1930
Une ville nait dans le desert
1925 – 1950
L’âge d’or
industriel
1954 – 1962
Zellidja à
l’international
1966
Déclin et
fermeture
Aujourd’hui
Mémoire et
patrimoine
Zellidja, c’était plus qu’un travail, c’était une famille. On venait de partout, mais on vivait comme un seul village.
PHOTO DU JOUR
LE PROJET DOCUMENTAIRE
LES NUITS BLANCHES DE ZELLIDJA
Quand un village marocain s’érigea en deuxième exportateur mondial de plomb
En 1935, l’architecte urbaniste Jean Walter créa Zellidja à Sidi Boubker pour exploiter les mines de plomb, de zinc et de souffre de ce village proche de la frontière avec l’Algérie. Pendant des décennies, tout un tissu social se construisit autour, fédéré par les enfants de la région.
Au début du XXe siècle, le petit village de Sidi Boubker n’était pas encore connu de tous et fut surtout réputé pour abriter un marabout. Mais en 1925, cette situation changea, lorsqu’un architecte urbaniste français détecta un riche gisement naturel de plomb, de zinc et de souffre. Intégrant une forte composante sociale à ses créations, il fut connu jusque-là comme le transformateur de l’architecture hospitalière dans son pays. Il s’agit de Jean Walter, né en 1883 dans la région de Bourgogne-Franche-Comté. Cette trouvaille l’érigea au rang de véritable acteur économique mondial, puisqu’il fut même approché par les Etats-Unis.
Mais avant cela, l’aventure Zellidja débuta par un simple hasard pour Jean Walter. Au commencement, «des honoraires impayés lui avaient donné des droits dans une petite concession qu’un de ses clients avait au Maroc», indiqua le magazine Bilans hebdomadaires dans son édition du 31 juillet 1953. Voulant savoir à quoi ressemblait cette exploitation, l’urbaniste se rendit sur les lieux, avant de partir en exploration dans le désert. «Jean Walter retrouva à 25 km de là les pentes d’une falaise (…) L’analyse des prélèvements qu’il rapporta à Paris démontra qu’il avait découvert un gisement très riche en plomb et en zinc», relata la publication.