Mémoire d’une cité minière légendaire
Au coeur de l’Est marocain, une aventure humaine,
industrielle et multiculturelle hors du commun.
Des milliers de vies. Une cité. Une mémoire
1930
Une ville nait dans le desert
1925 – 1950
L’âge d’or
industriel
1954 – 1962
Zellidja à
l’international
1966
Déclin et
fermeture
Aujourd’hui
Mémoire et
patrimoine
Zellidja, c’était plus qu’un travail, c’était une famille. On venait de partout, mais on vivait comme un seul village.
PHOTO DU JOUR
LE PROJET DOCUMENTAIRE
LES NUITS BLANCHES DE ZELLIDJA
A partir de 1945, avec l’entrée en jeu financière, matérielle et technologique
des mines américaines à Zellidja, la mine marocaine prend un essor
spectaculaire. Il devient nécessaire d’offrir des conditions de vie agréables
aux ingénieurs et aux cadres européens et nord-américains, mais aussi, et c’est là
que Jean Walter innove, d’accueillir et de sédentariser la main d’œuvre locale, dont l’effectif
va décupler.
Quelques villas avaient été construites dès 1936, destinées à la Direction et
au personnel de haut niveau, au lieu-dit Sidi Boubeker, du nom d’un marabout où
un tombeau consacré à un saint local, à distance des puits.
Les ouvriers, sans qualification, pour la plupart semi-nomades et éleveurs des
environs, travaillaient à la mine de façon temporaire, et vivaient d’ordinaire
sous des tentes, à côté de leurs chèvres.
En 1947. des changements radicaux sont mis en œuvre pour fixer cette population et les nouveaux arrivants, pour leur permettre de se former, de vivre dans des conditions de
confort moderne, (eau et électricité), et de scolariser leurs enfants.
A 1200m d’altitude, dans cette région semi-désertique, la question de l’eau
est cruciale pour mener ces grands travaux qui vont de pair avec la
construction d’une nouvelle laverie. Des conduites sont posées jusqu’à 50
kilomètres de distance, au-delà de la frontière algérienne.
Entre 1947et 1951, 420 maisons sont construites sur une hauteur dans le
quartier européen, dont le centre comprend une cafeteria d’une capacite de
100 repas, une chapelle, une école, une polyclinique, un cinéma, des
Piscines, et cours de tennis, et un centre commercial.
En même temps, toujours sur les plans de Jean Walter,
Une ville orientale sort de terre en
contrebas, destinée aux ouvriers marocains ou algériens.
C’est une ville blanche construite sur une pente, coupée en son milieu par une large avenue
Bordée d’arcades qui abritent un marché, ou Kissaria.
L’entrée est encadrée par deux tours carrées. Au fond, une troisième tour diffuse
dans la journée des morceaux de musique « classique ».
Des places rondes séparent les quartiers, au centre desquelles de
jolies fontaines décorées de céramique verte, car toutes les maisons ne
sont pas approvisionnées en eau.
On y trouve une salle de douches et de
désinfection des vêtements au retour du travail et une école franco-musulmane
pour les enfants.
Une mosquée sur le modèle de la Koutoubia de Marrakech, des cafés maures
Et un hammam décoré de la même manière complète l’ensemble.
2 à 3000 personnes peuvent loger dans cette nouvelle cité, 10 000
dans l’ensemble du village.
Sur les plans d’architecte déposés aux Archives nationales, on découvre le
Clivage, ou les strates sociales à l’œuvre dans la conception de la ville de Boubeker.
De la même façon que le quartier européen se subdivise selon
les grades du personnel et de haut en bas de la colline – directeurs, ingénieurs, contremaitres, la cité des ouvriers se décompose en quartiers
des indigènes non évolués », « quartier des indigènes évolués », « quartier
des célibataires » etc. Pour ce dernier secteur, une maison close avait même
même été prévue sur plans.
Dans le quartier européen, la tour dite « de l’horloge » couronnait une
montée d’escaliers, ce qui permettait de voir l’heure de loin. Une sirène à
midi et à 18 heures rythmait la journée pour les familles dépourvues de montres.
Boubeker, ainsi que la nouvelle laverie seront inaugurées de façon officielle
En grande pompe en 1951 avec la venue du Résident général au Maroc le
général Juin, puis en 1952 avec son successeur le général Guillaume,
accompagnés de personnalités françaises, marocaines et américaines .l